
L’accord États-Unis-Iran laisse l’avenir du Liban incertain – et soumis au rôle de perturbateur d’Israël.
US-Iran deal leaves the future of Lebanon uncertain – and subject to Israel playing the spoiler
President Donald Trump has talked of a potential role for Syrian forces in fighting Hezbollah – a move that would raise alarm in Lebanon.
Le président Donald Trump a évoqué un rôle potentiel des forces syriennes dans la lutte contre le Hezbollah – une manœuvre susceptible d’alerter au Liban.
The United States and Iran inked a long-awaited provisional ceasefire deal on June 17, 2026. After months of uncertainty, the people of the Gulf region can, potentially, breathe a sigh of relief, and global markets look set to be boosted by the reopening of the Strait of Hormuz.
Les États-Unis et l’Iran ont signé un accord de cessez-le-feu provisoire très attendu le 17 juin 2026. Après des mois d’incertitude, les habitants de la région du Golfe peuvent potentiellement souffler un soupir de soulagement, et les marchés mondiaux devraient être stimulés par la réouverture du détroit d’Ormuz.
What about those who have endured the war’s spillover in Lebanon? After all, the memorandum of understanding signed is not just a peace agreement between the U.S. and Iran alone. Rather, on Tehran’s insistence, the deal is intended to provide a cessation of hostilities on all fronts – including in Lebanon.
Qu’en est-il de ceux qui ont enduré le débordement de la guerre au Liban? Après tout, le protocole d’accord signé n’est pas seulement un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. Au contraire, sur insistance de Téhéran, cet accord vise à assurer une cessation des hostilités sur tous les fronts – y compris au Liban.
President Donald Trump is framing the deal as a win for the U.S. and the closing of the latest chapter in Washington’s Middle East entanglement. But Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, whose country was reportedly shut out of the diplomatic process, may have other plans that would challenge Trump’s authority in the region.
Le président Donald Trump présente cet accord comme une victoire pour les É.-U. et la clôture du dernier chapitre de l’implication américaine au Moyen-Orient. Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, dont le pays aurait été exclu du processus diplomatique, pourrait avoir d’autres plans qui remettraient en question l’autorité de Trump dans la région.
After news of the emerging deal broke on June 14, Netanyahu almost immediately announced that Israel will occupy Lebanon “indefinitely.” Israel then followed up with a fresh wave of airstrikes that killed four people in Lebanon.
Après l’annonce de cet accord émergent le 14 juin, Netanyahu a immédiatement déclaré qu’Israël occuperait le Liban « indéfiniment ». Israël a ensuite suivi avec une nouvelle vague de frappes aériennes qui ont tué quatre personnes au Liban.
A clearly displeased Trump publicly criticized those actions and even suggested that Syria could go in and dismantle Hezbollah, the Tehran-backed Lebanese group that has for nearly five decades fought Israel in southern Lebanon.
Un Trump visiblement mécontent a publiquement critiqué ces actions et a même suggéré que la Syrie pourrait intervenir pour démanteler le Hezbollah, le groupe libanais soutenu par Téhéran qui combat Israël dans le sud du Liban depuis près de cinq décennies.
With Israel continuing to bomb Lebanon and remove Lebanese citizens from their lands – in defiance of Washington’s wishes – the fate of the U.S.-Iran deal in Lebanon remains obscure.
Alors qu’Israël continue de bombarder le Liban et d’expulser des citoyens libanais de leurs terres – en défiant les souhaits de Washington –, le sort de l’accord entre les É.-U. et l’Iran au Liban reste obscur.
As a scholar of Middle East studies, I fear the agreement leaves more questions about the delicate situation in Lebanon than it solves. Moreover, any split in Israel-U.S. policy aims over Lebanon may have grave implications for Trump’s de-escalation attempts with Iran and also hamper hopes for a peace deal between Lebanon and Israel days before representatives of both countries plan to meet in Washington.
En tant que spécialiste des études sur le Moyen-Orient, je crains que cet accord ne soulève plus de questions sur la situation délicate au Liban qu’il n’en résolve. De plus, toute divergence dans les objectifs politiques entre Israël et les É.-U. concernant le Liban pourrait avoir de graves implications pour les tentatives de désescalade de Trump avec l’Iran et nuire également aux espoirs d’un accord de paix entre le Liban et Israël quelques jours avant que des représentants des deux pays ne prévoient de se rencontrer à Washington.
A defiant Israel
Un Israël défiant
History shows that any U.S. failure to rein in Israeli military action north of its border can have disastrous consequences.
L’histoire montre que tout manquement des États-Unis à contenir l’action militaire israélienne au nord de sa frontière peut avoir des conséquences désastreuses.
A similar scenario happened back in 1982 after Israel launched “Operation Peace for Galilee,” invading Lebanon and imposing a brutal siege on Beirut that killed over 17,000 Lebanese and Palestinian civilians and fighters.
Un scénario similaire s’est produit en 1982 après qu’Israël ait lancé « Opération Paix pour la Galilée », envahissant le Liban et imposant un siège brutal à Beyrouth qui a tué plus de 17 000 civils et combattants libanais et palestiniens.
In an angry phone call in August 1982, U.S President Ronald Reagan asked Israeli Prime Minister Menachem Begin to stop the heavy bombardments of Beirut. “Menachem, this is a holocaust,” Reagan recalled saying.
Lors d’un appel téléphonique virulent en août 1982, le président américain Ronald Reagan demanda au premier ministre israélien Menachem Begin de cesser les lourds bombardements de Beyrouth. « Menachem, c’est un holocauste », a rappelé Reagan.
But Israel ignored the U.S. demands for a ceasefire. As a result, Reagan sent a an international peacekeeping force into Lebanon. Composed of French, Italian and American troops, this multinational force in Lebanon was tasked to act as a buffer zone between feuding parties and provide port security to Palestinian fighters leaving Lebanon.
Mais Israël ignora les demandes américaines de cessez-le-feu. Par conséquent, Reagan envoya une force internationale de maintien de la paix au Liban. Composée de troupes françaises, italiennes et américaines, cette force multinationale au Liban avait pour mission d’agir comme zone tampon entre parties en conflit et d’assurer la sécurité portuaire aux combattants palestiniens quittant le Liban.
Not only did Israel ignore Reagan’s attempts at de-escalation, it also defied the multinational force, harassed its troops and endangered their lives, according to U.S. military leaders.
Non seulement Israël ignora les tentatives de désescalade de Reagan, mais il défia également la force multinationale, harcela ses troupes et menacer leur vie, selon des responsables militaires américains.
Ironically, when Israel invaded Beirut in 1982 and threatened the American troops, it did so using weapons supplied by Washington as part of the two countries’ long-standing defense arrangement.
Ironiquement, lorsque Israël envahit Beyrouth en 1982 et menace les troupes américaines, il le fait en utilisant des armes fournies par Washington dans le cadre d’un arrangement de défense de longue date entre les deux pays.
History repeats itself
L’histoire se répète
A similar scenario is unfolding today.
Un scénario similaire se déroule aujourd’hui.
Just like Reagan and Begin’s clash in 1982, Trump and Netanyahu are engaged in what looks like a deadlock. In a recent phone call about Lebanon, Trump was reportedly overheard yelling at Netanyahu, “You’re f–king crazy. You’d be in prison if not for me,” while pressing the Israeli government to scale back its operation in Lebanon.
Tout comme le clash entre Reagan et Begin en 1982, Trump et Netanyahou sont engagés dans ce qui ressemble à une impasse. Lors d’un récent appel téléphonique concernant le Liban, il aurait été entendu que Trump criait à Netanyahou: « Tu es complètement fou. Tu serais en prison si ce n’était moi », tout en pressant le gouvernement israélien de réduire son opération au Liban.
Today, as in 1982, Israel continues to benefit from U.S. support and arms sales. Congress has even moved to integrate U.S. and Israeli militaries.
Aujourd’hui, comme en 1982, Israël continue de bénéficier du soutien et des ventes d’armes américaines. Le Congrès a même voté pour intégrer les armées américaines et israéliennes.
Also, just like 1982, the American president is considering sending foreign troops into Lebanon.
De plus, tout comme en 1982, le président américain envisage d’envoyer des troupes étrangères au Liban.
But despite the American military and political support, Israel continues to brush aside any U.S policy that aims to place limits on its regional power, effectively showing a glaring limitation of U.S. dominance over the region.
Mais malgré le soutien militaire et politique américain, Israël continue de balayer toute politique américaine qui vise à limiter son pouvoir régional, montrant ainsi une limitation flagrante de la domination américaine dans la région.
Lebanon as an afterthought
Le Liban, après coup
When the U.S. and Iran initially agreed to a two-week ceasefire in April 2026, there was confusion over whether Lebanon was included in that deal. While Iran asserted Lebanon’s inclusion, Israel denied it and continued to bomb the country.
Lorsque les États-Unis et l’Iran ont initialement convenu d’un cessez-le-feu de deux semaines en avril 2026, il y eut confusion quant à savoir si le Liban était inclus dans cet accord. Alors que l’Iran a affirmé l’inclusion du Liban, Israël a nié cela et a continué de bombarder le pays.
Lebanon became part of the equation because of Hezbollah’s actions after the U.S.-Israeli attack on Iran in late February 2026. Similar to how the Tehran-backed group vowed solidarity with Hamas after Israel bombed Gaza in response to Palestinian militants’ attack on Israeli soil on Oct.7, 2023, Hezbollah struck Israel when Iran was hit.
Le Liban est devenu partie de l’équation en raison des actions du Hezbollah après l’attaque américano-israélienne contre l’Iran fin février 2026. Semblable à la manière dont le groupe soutenu par Téhéran a promis sa solidarité avec le Hamas après qu’Israël ait bombardé Gaza en réponse à l’attaque de militants palestiniens sur le sol israélien le 7 octobre 2023, le Hezbollah a frappé Israël lorsque l’Iran a été touché.
It reignited the simmering Hezbollah-Israeli war. Today, Israel occupies south Lebanon and is threatening to annex it.
Cela a ravivé la guerre latente entre le Hezbollah et Israël. Aujourd’hui, Israël occupe le sud du Liban et menace de l’annexer.
The U.S.-released text of the latest Iran peace plan explicitly includes Lebanon.
Le texte publié par les États-Unis concernant le dernier plan de paix pour l’Iran inclut explicitement le Liban.
While that will introduce serious points of friction with Israeli designs on the country, the people in Lebanon, too, will have many questions and concerns.
Bien que cela introduise de sérieux points de friction avec les desseins israéliens pour le pays, les habitants du Liban auront également beaucoup de questions et de préoccupations.
I believe the deal will be seen as a welcome step but also a potential blow to Lebanon’s sovereignty. While the text aims to protect Lebanon’s “territorial integrity,” it does not reference Israel’s actual withdrawal from these lands, and it is unclear whether this issue will be discussed in future negotiations between Israel and Lebanon or between the U.S and Iran.
Je crois que l’accord sera considéré comme un pas de bienvenue mais aussi un coup potentiel porté à la souveraineté du Liban. Bien que le texte vise à protéger « l’intégrité territoriale » du Liban, il ne fait référence au retrait effectif d’Israël de ces terres, et il n’est pas clair si cette question sera abordée lors de futures négociations entre Israël et le Liban ou entre les États-Unis et l’Iran.
Furthermore, the new deal ignores Lebanon’s efforts to free itself from Iran’s influence in the country through its Hezbollah ally.
De plus, le nouvel accord ignore les efforts du Liban pour se libérer de l’influence iranienne dans le pays par l’intermédiaire de son allié, le Hezbollah.
In an unprecedented move in May, Lebanon filed a formal complaint against Iran at the United Nations Security Council, directly accusing Tehran of violating the Vienna Convention on Diplomatic Relations for interfering in its sovereign decisions and dragging the country into war.
Dans une démarche sans précédent en mai, le Liban a déposé une plainte formelle contre l’Iran au Conseil de sécurité des Nations Unies, accusant directement Téhéran d’avoir violé la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques en interférant dans ses décisions souveraines et en entraînant le pays dans la guerre.
In spite of Hezbollah’s open threats against the Lebanese government, Lebanese representatives held the first of several planned direct negotiations with Israeli counterparts in Washington.
Malgré les menaces ouvertes du Hezbollah contre le gouvernement libanais, des représentants libanais ont tenu les premières de plusieurs négociations directes prévues avec leurs homologues israéliens à Washington.
Lebanon, Syria and a rocky path forward
Liban, Syrie et un chemin semé d’embûches
Indeed, the new U.S.-Iran deal can be interpreted as a step back for the strength of an already weak Lebanese state. Indirectly, the deal cements Iran’s control on the country’s politics and, by extension, Hezbollah.
En effet, le nouvel accord États-Unis-Iran peut être interprété comme un recul pour la force d’un État libanais déjà faible. Indirectement, cet accord cimente le contrôle de l’Iran sur la politique du pays et, par extension, sur le Hezbollah.
Furthermore, and just like in 1982, the U.S. is proposing a foreign force to enter Lebanon and help end the violence. In fact, Trump has now twice mentioned the possibility of Syria playing a role in Lebanon to enter and execute “a surgical attack on Hezbollah.”
De plus, et tout comme en 1982, les États-Unis proposent qu’une force étrangère pénètre au Liban pour aider à mettre fin à la violence. En fait, Trump a maintenant mentionné deux fois la possibilité que la Syrie joue un rôle au Liban pour y entrer et mener « une attaque chirurgicale contre le Hezbollah ».
It is unclear whether the U.S. president is using these comments just as a way to pressure Israel over Lebanon or whether there is an actual plan that includes a Syrian role in the country’s future. But just the mention of Syrian intervention evokes that country’s longtime occupation of Lebanon.
Il n’est pas clair si le président américain utilise ces commentaires simplement comme un moyen de faire pression sur Israël concernant le Liban ou s’il existe un plan réel qui inclut un rôle syrien dans l’avenir du pays. Mais la simple mention d’une intervention syrienne évoque l’occupation de longue date que ce pays a exercée sur le Liban.
In fact, at the end of the Lebanese civil war in 1991, Syria established what amounted to absolute political, military and economic hegemony over Lebanon, during which thousands of Lebanese disappeared.
En fait, à la fin de la guerre civile libanaise en 1991, la Syrie a établi ce qui équivalait à une hégémonie politique, militaire et économique absolue sur le Liban, période durant laquelle des milliers de Libanais ont disparu.
The assassination of Lebanese Prime Minister Rafic Hariri in 2005 and the Cedar Revolution that followed forced the Syrian troops out of Lebanon.
L’assassinat du Premier ministre libanais Rafik Hariri en 2005 et la Révolution du Cèdre qui a suivi ont forcé les troupes syriennes à quitter le Liban.
The fact that the new leadership in Syria is Sunni adds another complication due to Lebanon’s delicate sect-based balance of power. If Damascus interferes in Lebanon, sectarian violence could follow, as the Syrian military presence would likely be interpreted as direct opposition to Hezbollah’s Shiite fighters.
Le fait que la nouvelle direction en Syrie soit sunnite ajoute une autre complication en raison de l’équilibre délicat des pouvoirs basé sur les sectes au Liban. Si Damas s’immisce au Liban, la violence sectaire pourrait suivre, car la présence militaire syrienne serait probablement interprétée comme une opposition directe aux combattants chiites du Hezbollah.
This is particularly true since Ahmed al-Sharaa’s government was accused of violence against religious minorities in Syria, including the Alawites – a religious sect close to Shia Islam – and the Druze.
Ceci est particulièrement vrai puisque le gouvernement d’Ahmed al-Sharaa a été accusé de violence contre les minorités religieuses en Syrie, y compris les Alaouites – une secte religieuse proche de l’islam chiite – et les Druzes.
Whether Syria plays a decisive role in Lebanon going forward, there is little doubt that the future of the U.S.-Iran deal depends on both Iran and Israel’s actions. So far, Israel seems uninterested in following Trump’s leadership in the region and is gearing up to play a spoiler role.
Que la Syrie joue un rôle décisif au Liban à l’avenir, il y a peu de doute que l’avenir de l’accord États-Unis-Iran dépende des actions tant de l’Iran qu’Israël. Jusqu’à présent, Israël semble désintéressé par le leadership de Trump dans la région et se prépare à jouer un rôle de perturbateur.
For now, and absent new breakthroughs, Lebanon, with its sovereignty almost entirely eroded, seems destined to remain at the mercy of its larger neighbors in Iran, Israel and Syria – and the erratic involvement of the U.S. abroad.
Pour l’instant, et en l’absence de nouvelles avancées, le Liban, dont la souveraineté est presque entièrement érodée, semble destiné à rester aux merci de ses grands voisins: l’Iran, Israël et la Syrie – ainsi que l’implication erratique des États-Unis à l’étranger.
Mireille Rebeiz is affiliated with the American Red Cross.
Mireille Rebeiz est affiliée à la Croix-Rouge américaine.
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