Friday essay: how the Murdoch media’s loyalty to Israel births hypocrisy, attacks and ‘failed journalism’
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Essai du vendredi : comment la loyauté des médias Murdoch envers Israël engendre hypocrisie, attaques et « journalisme raté »

Friday essay: how the Murdoch media’s loyalty to Israel births hypocrisy, attacks and ‘failed journalism’

Matthew Ricketson, Professor of Communication, Deakin University Andrew Dodd, Professor of Journalism, The University of Melbourne

News Corporation’s decades-long support for Israel is reflected in its coverage of Israel–Palestine, reducing its complexities to a black and white issue.

Le soutien de News Corporation à Israël depuis des décennies se reflète dans sa couverture d’Israël et de Palestine, réduisant ses complexités à une affaire en noir et blanc.

When it comes to covering the Middle East, News Corporation has two guiding principles. The first is that it supports Israel, which means it opposes any nation, organisation or individual that doesn’t. This support is decades old and it’s unwavering, even in the face of global condemnation of Israel for the atrocities committed in Gaza.

Lorsqu’il s’agit de couvrir le Moyen-Orient, News Corporation est guidée par deux principes fondamentaux. Le premier est qu’elle soutient Israël, ce qui signifie qu’elle s’oppose à toute nation, organisation ou individu qui ne le fait pas. Ce soutien a des décennies d’existence et il est inébranlable, même face à la condamnation mondiale d’Israël pour les atrocités commises à Gaza.

News’ loyalty doesn’t just determine news content in the foreign pages of its newspapers. It also shapes the way it covers local events, down to who gets targeted for criticism.

La loyauté de News ne détermine pas seulement le contenu des nouvelles dans les pages étrangères de ses journaux. Elle façonne également la manière dont elle couvre les événements locaux, jusqu’à déterminer qui sera visé par la critique.

Young Jewish lawyer Sarah Schwartz has campaigned against Israel’s human rights abuses. For this, she has been subjected to sustained criticism that has demonstrated the other principle guiding News’ coverage. You could call this the “we’re‑always‑right‑no‑matter‑what” approach, which allows News to sustain its editorial assaults even in the face of inconvenient inconsistencies.

La jeune avocate juive Sarah Schwartz a mené une campagne contre les abus des droits humains commis par Israël. Pour cela, elle a été soumise à des critiques soutenues qui ont démontré le deuxième principe guidant la couverture de News. On pourrait appeler cela l’approche du « nous avons toujours raison quoi qu’il arrive », ce qui permet à News de maintenir ses assauts éditoriaux même face à des incohérences gênantes.

On the one hand, News has attacked Schwartz for being supposedly antisemitic. On the other, it has criticised her for calling out the antisemitism she’s been subjected to by her Zionist opponents. But when you’re always right no matter what, this is not an inconsistency at all.

D’un côté, News a attaqué Schwartz pour être supposément antisémite. De l’autre, elle l’a critiquée d’avoir dénoncé l’antisémitisme dont elle était victime de la part de ses opposants sionistes. Mais quand on a toujours raison quoi qu’il arrive, ce n’est pas une incohérence du tout.

Her story demonstrates how News goes about contriving controversy to discredit both individuals and what they’re saying, with little regard for the effect it has on the person being targeted. We interviewed her about her experience of News’ coverage last August.

Son histoire démontre comment News orchestre des controverses pour discréditer à la fois les individus et leurs propos, peu se souciant des conséquences que cela a sur la personne visée. Nous l’avons interviewée au sujet de son expérience de la couverture médiatique de News en août dernier.

Like so many other liberal Jews, Schwartz was appalled by Israel’s conduct in Gaza. She joined with several others to form an organisation called the Jewish Council of Australia, a diverse coalition of Jewish academics, lawyers, writers and teachers. They represent people who believe Israel’s response was not only disproportionate, but counterproductive to regional security and peace.

Comme beaucoup d’autres Juifs libéraux, Schwartz a été horrifiée par le comportement d’Israël à Gaza. Elle s’est jointe à plusieurs autres pour former une organisation appelée le Jewish Council of Australia, une coalition diversifiée d’universitaires juifs, d’avocats, de rédacteurs et d’enseignants. Ils représentent des personnes qui estiment que la réponse d’Israël était non seulement disproportionnée, mais contre-productive à la sécurité régionale et à la paix.

This posed something of a threat to News, which for several decades has championed Israel and the Zionist cause. The notion of a Jew speaking out against Israel and in defence of Gaza challenged the News line that Israel can do no wrong and that criticism of Israel is inherently antisemitic.

Ceci a représenté une certaine menace pour News, qui défend depuis plusieurs décennies Israël et la cause sioniste. L’idée qu’un Juif parle contre Israël et en faveur de Gaza remettait en question la ligne éditoriale selon laquelle Israël ne peut faire aucun tort et que toute critique d’Israël est intrinsèquement antisémitique.

Initially, News outlets wrote a few disparaging pieces, dismissing the council as unrepresentative and irrelevant, even though its membership was steadily growing and its board comprised many high‑profile and influential people. But then Schwartz did something that gave News an opportunity to sharpen its attack.

Initialement, les médias de News ont publié quelques articles dénigrants, qualifiant le conseil d’irreprésentatif et d’irrelevant, même si son adhésion était en croissance constante et que son conseil comprenait de nombreuses personnalités influentes. Mais ensuite, Schwartz a fait quelque chose qui a donné à News l’occasion de renforcer son attaque.

‘Painted as a Judenrat’

Peint comme un Judenrat

In January 2025, she was invited to speak at the “pre-event” for an academic antiracism conference. “The Greatest Race Debate” was held at a university, but billed as a comedy event. Essentially, it used the format of a debate to call out the absurdity of what constitutes race conversations in this country; everyone was to give their best “worst” takes on race debates in Australia.

En janvier 2025, elle a été invitée à parler au « pré-événement » d’une conférence universitaire antiraciste. Le « Greatest Race Debate » s’est tenu dans une université, mais était présenté comme un événement de comédie. Essentiellement, il utilisait le format d’un débat pour dénoncer l’absurdité de ce qui constitue les discussions sur la race dans ce pays; chacun devait donner ses meilleures prises de position « pires » sur les débats raciaux en Australie.

So, Schwartz entered into the spirit of things by creating a cartoon image of a caped superhero whose chest carries the letters “DJ”. She titled the slide “Dutton’s Jew”, to depict the then opposition leader’s stereotyping of Jews as anti‑immigrant and hateful of Muslims, using them as “a human shield”. She said: “For Dutton and his ilk, Jews are just the perfect avatars to use to peddle racism, Islamophobia and anti-immigrant sentiment.”

Ainsi, Schwartz s’est adaptée au contexte en créant une image de dessin animé d’un super-héros cape dont la poitrine porte les lettres « DJ ». Elle a intitulé la diapositive « Dutton’s Jew », afin de dépeindre le stéréotypage des Juifs par l’alors chef de l’opposition comme étant anti-immigrants et haineux envers les musulmans, en les utilisant «comme un bouclier humain». Elle a déclaré: « Pour Dutton et ses semblables, les Juifs ne sont que les avatars parfaits à utiliser pour vendre le racisme, l’islamophobie et le sentiment anti-immigrant. »

Admittedly, the term “Dutton’s Jew” was open to misinterpretation and what unfolded could have been predicted. But at that stage, Schwartz wasn’t as media savvy as she’s since become.

Certes, le terme « Dutton’s Jew » était sujet à mauvaise interprétation et ce qui s’est déroulé aurait pu être prédit. Mais à cette époque, Schwartz n’avait pas encore le sens des médias qu’elle a acquis depuis.

The Australian and Murdoch’s Brisbane daily, The Courier Mail, pounced on the story, although they did take the time to add an important clarification, requested by Schwartz. She wanted to make it clear she wasn’t saying Jews were anti‑immigration and hateful of Muslims; this was about Dutton’s conception of Jews. In other words, it was political commentary.

Le quotidien de Brisbane d’Australian et Murdoch, The Courier Mail, s’est emparé de l’histoire, bien qu’ils aient pris le temps d’ajouter une clarification importante, demandée par Schwartz. Elle voulait rendre clair qu’elle ne disait pas que les Juifs étaient anti-immigration et haineux envers les musulmans; il s’agissait de la conception des Juifs par Dutton. En d’autres termes, c’était un commentaire politique.

Unfortunately, some of the subsequent stories left out that important distinction. They referenced the “Dutton’s Jew” cartoon as if to make the point that Schwartz was controversial, maybe even antisemitic.

Malheureusement, certaines des histoires suivantes ont omis cette distinction importante. Elles faisaient référence au dessin animé « Dutton’s Jew » comme si c’était pour faire le point que Schwartz était controversé, voire antisémite.

Both papers stayed on the story, with follow‑ups about federal ministers criticising the Queensland University of Technology for hosting the event, and vice chancellor Margaret Sheil rushing to apologise for any “hurt and offence” the conference caused.

Les deux reportages sont restés sur ce sujet, avec des développements concernant les ministres fédéraux critiquant l’Université de Technologie du Queensland pour avoir organisé l’événement, et la vice-chancelière Margaret Sheil se dépêchant de présenter ses excuses pour tout « tort et offense » que la conférence aurait causé.

They also covered Sheil’s decision to commission former Federal Court judge John Middleton to determine whether the Jewish community had been vilified. A few months later, Middleton found that nothing Schwartz said was racist.

Ils ont également abordé la décision Sheil de mandater l’ancien juge fédéral John Middleton pour déterminer si la communauté juive avait été vilipendée. Quelques mois plus tard, Middleton a conclu que rien de ce que Schwartz avait dit n’était raciste.

He concluded, “Ms Schwartz’s slide was photographed and delivered to The Australian and The Courier Mail devoid of context” and “Ms Schwartz’s depiction of ‘Dutton’s Jew’ was not critical of Jewish people themselves, but of the way in which political figures may typecast Jewish identity to serve particular narratives”.

Il a conclu que « La diapositive de Mme Schwartz a été photographiée et livrée à The Australian et The Courier Mail sans contexte » et « la représentation de « Dutton’s Jew » par Mme Schwartz n’était pas critique envers les Juifs eux-mêmes, mais envers la manière dont des personnalités politiques peuvent stéréotyper l’identité juive pour servir des narratifs particuliers. »

But Middleton’s report came too late to stop the abuse Schwartz was copping from online activists such as pro‑Israel advocate Zara Cooper, who according to Schwartz posted “over 600 times” on Instagram about Schwartz and the Jewish Council of Australia. One image was of a rat, another was of Schwartz’s face superimposed over a train. Was the latter suggesting she would be deported to a concentration camp for siding with Palestinians?

Mais le rapport de Middleton est arrivé trop tard pour stopper les abus que subissait Schwartz de la part d’activistes en ligne tels que l’avocate pro-israélienne Zara Cooper, qui, selon Schwartz, avait publié « plus de 600 fois » sur Instagram au sujet de Schwartz et du Conseil juif d’Australie. Une image était celle d’un rat, une autre était le visage de Schwartz superposé à un train. Le dernier suggérait-il qu’elle serait déportée dans un camp de concentration pour avoir pris parti avec les Palestiniens?

Schwartz told us she was “painted as a Judenrat, as someone who is collaborating with Nazis because Nazis and Palestinians had become conflated in some Zionists’ minds”. She says her opponents became “utterly fixated” by the idea of her being harmed by Palestinians, the very people she was defending. It became so extreme that Schwartz went to the police.

Schwartz nous a dit qu’elle était « dépeinte comme un Judenrat, comme quelqu’un qui collabore avec les nazis parce que les nazis et les Palestiniens étaient devenus confondus dans l’esprit de certains sionistes ». Elle affirme que ses opposants étaient « totalement fixés » sur l’idée qu’elle serait blessée par des Palestiniens, les mêmes personnes qu’elle défendait. La situation est devenue si extrême que Schwartz s’est rendue à la police.

This is when things got a little crazy, because, as Schwartz says, up until then the paper’s “whole narrative had been that Jewish people have been the victim of antisemitism”. But when Schwartz, as a Jewish person, complained about being the victim of antisemitism, The Australian switched. Its line suddenly became, she says: “That’s outrageous that she’s going to the police, she’s trying to suppress her enemies.”

C’est là que les choses sont devenues un peu folles, car, comme le dit Schwartz, jusqu’alors tout le récit du journal était que les Juifs étaient victimes d’antisémitisme. Mais lorsque Schwartz, en tant que personne juive, s’est plainte d’être victime d’antisémitisme, The Australian a changé de position. Sa ligne est soudainement devenue, dit-elle: « C’est scandaleux qu’elle aille à la police, elle essaie de supprimer ses ennemis. »

When the police proposed an intervention order against Cooper to stop the online abuse, Schwartz says the newspaper suggested she was a hypocrite because she was “a lawyer who cares about free speech”.

Lorsque la police a proposé une ordonnance d’intervention contre Cooper pour cesser les abus en ligne, Schwartz affirme que le journal l’a accusée d’hypocrisie parce qu’elle était « une avocate qui se soucie de la liberté d’expression ».

When the matter first went to court, Schwartz insisted the paper correct its claim that she, rather than the police, had initiated the intervention order. She says the paper bullied her by republishing the “incredibly distressing” memes that surfaced online.

Lorsque l’affaire a été portée devant les tribunaux pour la première fois, Schwartz a insisté pour que le journal corrige son affirmation selon laquelle c’est elle, et non la police, qui avait initié l’ordonnance d’intervention. Elle affirme que le journal l’a harcelée en republiant des mèmes « incroyablement accablants » qui avaient circulé en ligne.

“I think those images are antisemitic; whatever you want to say, they are certainly racialised, they are attacking me because I’m Jewish and because I hold a particular political view. The Australian is then republishing those images in articles that are smearing me.”

« Je pense que ces images sont antisémites; quoi que vous vouliez dire, elles sont certainement racistes, elles m’attaquent parce que je suis juive et parce que j’ai une opinion politique particulière. L’Australien est ensuite en train de republier ces images dans des articles qui me calomnient. »

Schwartz says the pressure made it “untenable for the intervention order to proceed” so she asked the police to withdraw it. She says, “It’s like the bullies won.”

Schwartz affirme que la pression a rendu « intenable la poursuite de l’ordonnance d’intervention », elle a donc demandé à la police de la retirer. Elle déclare: « C’est comme si les harceleurs avaient gagné. »

For her part, Zara Cooper told The Australian, “I have never met Sarah Schwartz. I have never spoken with her, threatened her, posted private information about her or encouraged others to do so.”

Pour sa part, Zara Cooper a déclaré au The Australian: « Je n’ai jamais rencontré Sarah Schwartz. Je n’ai jamais parlé avec elle, ni menacé, ni publié d’informations privées à son sujet, ni encouragé qu’on le fasse. »

‘A malicious pile-on’

« Une attaque malveillante »

Schwartz says a particularly hurtful aspect of the paper’s coverage was an opinion piece by Indigenous scholar Professor Marcia Langton, who wrote that Schwartz “deeply offended Jewish Australians and other Australians, including me”.

Schwartz affirme qu’un aspect particulièrement blessant de la couverture du journal était un article d’opinion de l’érudite autochtone Professeure Marcia Langton, qui a écrit que Schwartz « avait profondément offensé les Australiens juifs et d’autres Australiens, y compris moi ».

Referring to the “Dutton’s Jew” cartoon, Langton said,

Concernant le dessin animé « Dutton’s Jew », Langton a déclaré,

There was nothing satirical about this message. It was objectively anti-Semitic in its depiction of her nemesis, the ‘bad Jew’, who [Schwartz] imagines has lost all agency and is an unwitting puppet of various warmongering masters.
Il n’y avait rien de satirique dans ce message. Il était objectivement antisémitiste dans sa représentation de son ennemie jurée, le « mauvais Juif », que [Schwartz] imagine avoir perdu toute autonomie et être une marionnette inconsciente de divers maîtres bellicistes.

Langton concluded, “As a Jewish friend said to me about this, the ‘good Jew/bad Jew’ narrative is the ‘absolute epitome of anti‑Semitic conspiracy theory’.” Schwartz’s requests for corrections to Langton’s column prior to publication were ignored by the paper, she told us.

Langton a conclu: « Comme un ami juif m’a dit à ce sujet, le récit du « bon Juif/mauvais Juif » est l’« apogée absolue de la théorie du complot antisémitique » ». Les demandes de corrections de Schwartz concernant la chronique de Langton avant publication ont été ignorées par le journal, nous a-t-elle dit.

Following publication, her lawyer argued the piece took the cartoon out of context and portrayed Schwartz as an antisemite who had publicly represented all Jews as “bloodthirsty monsters”. The lawyer asserted the opinion piece “contributed to a malicious pile‑on, attacking Ms Schwartz and attempting to inflict maximum personal and reputational harm on her, based on an entirely false premise that does not withstand the slightest scrutiny.”

Après la publication, son avocat a soutenu que l’article sortait le dessin de son contexte et dépeignait Schwartz comme une antisémite qui avait représenté publiquement tous les Juifs comme des « monstres sanguinaires ». L’avocat a affirmé que l’éditorial « a contribué à un assaut malveillant, attaquant Mme Schwartz et tentant de lui infliger un préjudice personnel et réputationnel maximal, sur la base d’une prémisse entièrement fausse qui ne résiste pas au moindre examen. »

The Australian denied the allegations and warned it would invest heavily in defending what it said was clearly an opinion piece on a matter of public interest.

L’Australienne a nié les allégations et a averti qu’elle investirait massivement pour défendre ce qu’elle qualifiait clairement d’article d’opinion sur une question d’intérêt public.

A ‘serious threat to News’ narrative’

Un récit de « menace sérieuse pour News »

Schwartz has had time to ponder why she became a News target: “I think I represent a really serious threat to News’ narrative that criticism of Israel is antisemitic.” She told us, “News wants to use Jews to bolster their right‑wing claims, but I and the Jewish Council of Australia represent a real threat to that.”

Schwartz a eu le temps de réfléchir à la raison pour laquelle elle est devenue une cible de News: « Je pense que je représente une menace vraiment sérieuse pour le récit selon lequel la critique d’Israël serait antisémite. » Elle nous a dit: « News veut utiliser les Juifs pour renforcer ses arguments de droite, mais moi et le Conseil juif d’Australie représentons une véritable menace à cela. »

She accuses the Murdoch press of “working hand in hand with Zionist lobby groups with the intention to silence me or shame me or stop my advocacy”.

Elle accuse la presse Murdoch de « travailler main dans la main avec des groupes de lobbying sionistes dans l’intention de me faire taire, de me faire honte ou d’arrêter mon plaidoyer ».

Creating a negative image of a person under attack is a fundamental component of a Murdoch campaign. Schwartz says the papers “cultivated this image of me as controversial, obscene, dangerous, frivolous or attention seeking”. This “false narrative” was based on “concocted events”, but its effect was powerful: “Now when they refer to me they can refer to me as just a controversial individual,” says Schwartz.

Créer une image négative d’une personne attaquée est un élément fondamental d’une campagne Murdoch. Schwartz affirme que les journaux ont « cultivé cette image de moi comme controversée, obscène, dangereuse, frivole ou cherchant l’attention ». Ce « faux récit » était basé sur des « événements concoctés », mais son effet a été puissant: « Maintenant, lorsqu’ils font référence à moi, ils peuvent me présenter simplement comme une personne controversée », selon Schwartz.

When an article appeared with a headline describing her as a “Radical fringe Jewish voice”, she knew “they were complete in their objectification of me”.

Lorsqu’un article est apparu avec un titre la décrivant comme une « voix juive radicale et marginale », elle a su qu’« ils étaient complets dans leur objectivation de moi ».

This sort of treatment is damaging because it reaches so many different audiences. “Maybe I can explain individual incidents to people in my life who still read The Australian, but I’ll never be able to get over this confected persona they’ve created for me,” she told us. “I think that’s the most hurtful thing.”

Ce genre de traitement est dommageable car il atteint tellement d’audiences différentes. « Peut-être que je peux expliquer des incidents individuels aux personnes de ma vie qui lisent encore The Australian, mais je ne pourrai jamais surmonter cette personnalité fabriquée qu’ils ont créée pour moi », nous a-t-elle dit. « Je pense que c’est la chose la plus blessante. »

Even within her own community, the coverage is caustic. “There is just a whole segment of the Jewish community who now look at me as someone who is antisemitic and who is offensive and who is radical, and that affects me going about my day‑to-day life, going to synagogue, going to Jewish communal events.”

Même au sein de sa propre communauté, la couverture est caustique. « Il y a tout un segment de la communauté juive qui me voit maintenant comme quelqu’un d’antisémite et d’offensant et de radical, et cela affecte ma vie quotidienne, aller à la synagogue, aller à des événements communautaires juifs. »

While on one level this coverage is just about one person in a far corner of the world, far removed from the atrocities of the Middle East, it is also indicative of News’ broader coverage of the conflict and of its framing of both Jewish and Muslim people.

Bien que ce reportage ne concerne qu’une seule personne dans un coin éloigné du monde, loin des atrocités du Moyen-Orient, il est également indicatif de la couverture plus large par News du conflit et de sa manière d’encadrer les Juifs comme les Musulmans.

News is unquestioningly loyal to Israel and Zionism, and deeply sceptical of, if not aggressive towards, Israel’s enemies, both perceived and real. And that means News is especially hostile towards Muslims and the Islamic faith.

News est sans équivoque fidèle à Israël et au sionisme, et profondément sceptique, voire agressif envers les ennemis d’Israël, qu’ils soient perçus ou réels. Et cela signifie que News est particulièrement hostile envers les Musulmans et la foi islamique.

Something nasty and scary and manipulative

Quelque chose de dégoûtant, d’effrayant et de manipulateur

In a recent interview for The Atlantic, Rupert’s youngest son, James, described the way tabloid culture “is contrarian for the sake of it” and “delights in poking people in the eye”. He said, “At its worst, it metastasizes into something nasty and scary and manipulative.”

Dans une récente interview pour The Atlantic, James, le plus jeune fils de Rupert, a décrit la manière dont la culture des tabloïds « est contraire par principe » et « prend plaisir à piquer les gens dans l’œil ». Il a déclaré: « Dans son pire état, cela se métastase en quelque chose de dégoûtant, d’effrayant et de manipulateur. »

By that definition, Fox News should be classified as tabloid, but so too The Times and The Australian, even though the latter still retains its broadsheet format. Along with many News mastheads, they’ve been poking at Muslims and Islam for decades. They’ve aggravated fear and done little to encourage understanding or tolerance. And, like a cancer, that kind of coverage has spread and metastasised in grotesque forms.

Selon cette définition, Fox News devrait être classé comme tabloïd, mais de même The Times et The Australian, bien que ces derniers conservent encore leur format grand format (broadsheet) . Avec de nombreux autres titres de presse, ils « piquent » les Musulmans et l’Islam depuis des décennies. Ils ont aggravé la peur et peu fait pour encourager la compréhension ou la tolérance. Et, comme un cancer, ce genre de couverture s’est propagé et métastatisé sous des formes grotesques.

No longer is there a need for the proprietor to hammer out his fury in the middle of the night in the New York Post newsroom, as Murdoch had in 1977, when a group of radical Hanafi Islamists seized control of three buildings in Washington DC and held 149 people hostage.

Il n’est plus nécessaire que le propriétaire déverse sa fureur au milieu de la nuit dans la rédaction du New York Post, comme l’avait fait Murdoch en 1977, lorsqu’un groupe d’islamistes Hanafi radicaux avait pris le contrôle de trois bâtiments à Washington DC et retenu 149 personnes en otage.

By now, everyone knows where he, and consequently his publications, stand. Islam is posed as an ever-present threat to Western society and Judeo-Christian values. Muslims are too often characterised as hateful and untrustworthy. The Palestinian side of the current conflict does not warrant equal treatment because News stands with and for the other side.

Aujourd’hui, tout le monde sait où il se positionne, et par conséquent ses publications. L’Islam est présenté comme une menace omniprésente pour la société occidentale et les valeurs judéo-chrétiennes. Les Musulmans sont trop souvent caractérisés comme haineux et peu fiables. Le côté palestinien du conflit actuel ne mérite pas un traitement égal car News se positionne avec et pour l’autre camp.

Therefore, it almost didn’t matter how Israel responded to Hamas’ atrocities of October 7 2023. It was always going to be considered proportionate, regardless of how many thousands of innocent Palestinians were killed.

Par conséquent, peu importait comment Israël réagissait aux atrocités du Hamas le 7 octobre 2023. Cela allait toujours être considéré comme proportionné, quel que soit le nombre de Palestiniens innocents tués.

On the first anniversary of the war, many media outlets paused to reflect, most with at least some balance. There was recognition that both sides had suffered trauma and loss, which in some cases prompted analysis about the blurred boundaries between defence and retribution.

Pour le premier anniversaire de la guerre, de nombreux médias ont fait une pause pour réfléchir, la plupart avec au moins un certain équilibre. Il y a eu reconnaissance que les deux parties avaient subi des traumatismes et des pertes, ce qui a dans certains cas suscité des analyses sur les frontières floues entre la défense et la rétribution.

The Weekend Australian, however, had no interest in balance. Despite devoting 13 broadsheet pages to the topic, it could not find room to even note that 100,000 Palestinians had been injured and that two million had become refugees.

The Weekend Australian, cependant, n’avait aucun intérêt pour l’équilibre. Malgré le fait d’avoir consacré 13 pages grand format au sujet, il n’a pas pu trouver de place pour noter que 100 000 Palestiniens avaient été blessés et que deux millions étaient devenus réfugiés.

The Weekend Australian instead blamed the Australian government for abandoning Israel, while focusing on Israeli suffering and instances of antisemitism within Australia. The paper described the conflict as “Israel’s war in defence of world order”.

The Weekend Australian a plutôt blâmé le gouvernement australien d’avoir abandonné Israël, tout en se concentrant sur la souffrance israélienne et les cas d’antisémitisme en Australie. Le journal décrivait le conflit comme « la guerre d’Israël pour la défense de l’ordre mondial ».

As Paul Barry, the then presenter of the ABC’s Media Watch, noted, “42,000 dead Palestinians rarely get a mention” and there was “not one picture or human story of a Palestinian child, woman or family”. Barry concluded, “To call the coverage one-eyed is the understatement of the year. It is quite frankly astonishing and a journalistic disgrace.”

Comme l’a noté Paul Barry, alors présentateur de Media Watch de l’ABC: « Les 42 000 Palestiniens morts reçoivent rarement une mention » et il n’y avait « ni une photo ni un récit humain d’un enfant, d’une femme ou d’une famille palestinienne ». Barry a conclu: « Qualifier cette couverture de partiale est un euphémisme. C’est tout simplement stupéfiant et une disgrâce journalistique. »

It was happening in every corner of the News empire. In February 2025, Trump had a thought bubble. Along with annexing Greenland, turning Canada into the 51st state, retaking the Panama Canal and giving Putin Ukraine, he had an idea that the United States could “take over” and “own” Gaza.

Cela se passait dans tous les coins de l’empire News. En février 2025, Trump a eu une idée en tête. Outre l’annexion du Groenland, la transformation du Canada en 51e État, la reconquête du canal de Panama et le don de l’Ukraine à Poutine, il avait l’idée que les États-Unis pourraient « prendre le contrôle » et « posséder » Gaza.

After the Palestinian people were resettled somewhere else, the US could turn Gaza into a new Middle East Riviera, where there would be “unlimited numbers of jobs and housing”. As you’d hope, reputable media outlets pulled apart the plan, and within minutes revealed its thoughtless cruelty. World leaders said it was inconceivable. Arab leaders said it was a violation of international law.

Une fois que le peuple palestinien aurait été réinstallé ailleurs, les États-Unis pourraient transformer Gaza en une nouvelle Riviera du Moyen-Orient, où il y aurait « un nombre illimité d’emplois et de logements ». Comme on pouvait s’y attendre, des médias respectables ont décortiqué ce plan, révélant sa cruauté insouciante en quelques minutes. Les dirigeants mondiaux ont dit que c’était inconcevable. Les dirigeants arabes ont dit que c’était une violation du droit international.

But the idea found supporters on Fox News. Ainsley Earhardt, the co-host of Fox & Friends, asked her audience, “If you have the opportunity for economic development, and supplied unlimited number of jobs and housing, and a good, fresh, ‘beautiful piece of land’ like he calls it, why wouldn’t you consider it?” She seemed genuine, like she actually believed it, when she asked, “Why wouldn’t they say thanks for doing this?”

Mais l’idée a trouvé des partisans sur Fox News. Ainsley Earhardt, co-animatrice de Fox & Friends, a demandé à son public: « Si vous avez l’opportunité de développement économique, et que vous disposez d’un nombre illimité d’emplois et de logements, et d’un bon, frais, ‘beau morceau de terre’ comme il appelle ça, pourquoi ne le considéreriez-vous pas? » Elle semblait sincère, comme si elle y croyait vraiment, lorsqu’elle a demandé: « Pourquoi ne diraient-ils pas merci d’avoir fait cela? »

But perhaps the most egregious example was provided by Sharri Markson, a host on Murdoch’s Sky News Australia. In 2025, Markson scored a 16-minute interview with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu but then wasted it by asking not a single probing question.

Mais peut-être l’exemple le plus flagrant a été fourni par Sharri Markson, animatrice de Sky News Australia de Murdoch. En 2025, Markson a décroché un entretien de 16 minutes avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais l’a ensuite gaspillé en ne posant aucune question approfondie.

Instead, she provided a platform for Netanyahu to further his personal attack on Australian Prime Minister Anthony Albanese, who had just announced Australia would recognise the state of Palestine.

Au lieu de cela, elle a fourni une plateforme permettant à Netanyahu d’intensifier son attaque personnelle contre le Premier ministre australien Anthony Albanese, qui venait d’annoncer que l’Australie reconnaîtrait l’État de Palestine.

She declared, as fact, that the Albanese government was “aiding and abetting” a “propaganda campaign” against Israel. Many of her questions were mini editorials, like this one: “Is it true you still plan to take over Gaza and eliminate the terrorists if they do agree to a deal?” She nodded in agreement throughout the interview. “Absolutely, absolutely,” she added enthusiastically as he explained Israel’s good conduct. The result was that she let a man charged with war crimes off the hook.

Elle a déclaré, comme un fait, que le gouvernement Albanese était en train de « cautionner et d’aider » une « campagne de propagande » contre Israël. Beaucoup de ses questions étaient des mini-éditoriaux, comme celle-ci: « Est-il vrai que vous prévoyez toujours de prendre Gaza et d’éliminer les terroristes s’ils acceptent un accord? » Elle a hoché la tête en signe d’accord tout au long de l’entretien. « Absolument, absolument », a-t-elle ajouté avec enthousiasme alors qu’il expliquait la bonne conduite d’Israël. Le résultat fut qu’elle a laissé impuni un homme accusé de crimes de guerre.

The interview was widely condemned. Veteran television interviewer Ray Martin told Media Watch it was a “sycophantic endorsement” that “failed journalism 101”. In a responding statement, Markson said she “had been inundated with high praise from leading editors and journalists, describing the interview as outstanding, first class and agenda setting”.

L’entretien a été largement condamné. L’intervieweur chevronné Ray Martin a déclaré à Media Watch qu’il s’agissait d’un « soutien sycophante » qui « échouait au niveau 101 du journalisme ». Dans une déclaration en réponse, Markson a affirmé avoir « reçu des éloges élogieux de la part de rédacteurs et journalistes de premier plan, décrivant l’entretien comme exceptionnel, de première classe et déterminant l’agenda ».

‘Determined avoidance’ of other perspectives

« L’évitement déterminé » d’autres perspectives

The company’s editorial line was on display in its coverage of the Bondi Beach massacre in December 2025, when two terrorists killed 15 people, and injured a further 40 who were celebrating the Jewish festival of Hanukkah.

La ligne éditoriale de l’entreprise était en évidence dans sa couverture du massacre de Bondi Beach en décembre 2025, lorsque deux terroristes ont tué 15 personnes et blessé 40 autres qui célébraient la fête juive de Hanoucca.

News Corp mastheads rightly deplored the appalling violence and questioned whether the Australian government had heeded warnings about such an attack. The papers rightly commemorated and mourned the loss of innocent life, and investigated and exposed the ugly ideologies and personal pathologies behind the killings.

Les titres de News Corp ont légitimement déploré la violence scandaleuse et se sont interrogés sur le fait que le gouvernement australien ait tenu compte des avertissements concernant une telle attaque. Les journaux ont légitimement commémoré et pleuré la perte de vies innocentes, et ont enquêté et exposé les idéologies sordides et les pathologies personnelles derrière les meurtres.

But inevitably – and sadly for the health of public discourse – the coverage displayed a determined avoidance to present any perspectives other than its own on the rise of antisemitism in Australia.

Mais inévitablement – et ce qui est regrettable pour la santé du discours public – la couverture a montré un évitement déterminé de présenter toute perspective autre que la sienne sur la montée de l’antisémitisme en Australie.

This is an edited extract of Getting Murdoched: How Murdoch’s Media Wields Power and Punishment by Andrew Dodd and Matthew Ricketson (Hardie Grant) .

Il s’agit d’un extrait édité de Getting Murdoched: How Murdoch’s Media Wields Power and Punishment par Andrew Dodd et Matthew Ricketson (Hardie Grant) .

Matthew Ricketson worked on staff at News Corp Australia publications, The Australian between 1986 and 1989, and The Sunday Herald in 1989.

Matthew Ricketson a travaillé au personnel des publications de News Corp Australia, The Australian, entre 1986 et 1989, et The Sunday Herald en 1989.

Andrew worked as a journalist at The Australian newspaper between 1999 and 2004.

Andrew a travaillé comme journaliste au journal The Australian entre 1999 et 2004.

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