Canada’s little-known role in helping to spur American independence in 1776

Le rôle méconnu du Canada dans l’accélération de l’indépendance américaine en 1776

Canada’s little-known role in helping to spur American independence in 1776

Sarah M.S. Pearsall, Professor of History, Johns Hopkins University

Britain controlled vast tracts in North America beyond the original 13 Colonies. And the American invasion of Canada played a role in the final political settlement.

La Grande-Bretagne contrôlait de vastes territoires en Amérique du Nord au-delà des 13 premières colonies. Et l’invasion américaine du Canada a joué un rôle dans le règlement politique final.

Strange as it is to say, the U.S. Declaration of Independence has deep roots in Canada.

Bien que ce soit étrange de le dire, la Déclaration d’Indépendance des États-Unis a des racines profondes au Canada.

That assertion may come as a surprise to people in the United States ahead of its 250th anniversary. The common narrative is fixated upon 1776, the 13 rebelling Colonies and the bold military actions of Founding Fathers such as George Washington.

Cette affirmation peut surprendre les gens aux États-Unis à l’approche de son 250e anniversaire. Le récit commun est fixé sur 1776, les 13 colonies en rébellion et les actions militaires audacieuses des Pères Fondateurs tels que George Washington.

But as I document in my new book, “Freedom Around the Globe,” there is a much wider and often forgotten geographical context. Indeed, it is impossible to understand fully the trajectory of the U.S. in 1776 without comprehending a wider imperial world and what happened in 1775. In fact, the American Revolution ran through Canada.

Mais comme je le documente dans mon nouveau livre, « Freedom Around the Globe », il existe un contexte géographique beaucoup plus large et souvent oublié. En effet, il est impossible de comprendre pleinement la trajectoire des États-Unis en 1776 sans appréhender un monde impérial plus vaste et ce qui s’est passé en 1775. En fait, la Révolution américaine a traversé le Canada.

A broader British North America

Un plus vaste Amérique du Nord britannique

In 1775, the first year of the American Revolutionary War, Britain possessed double the famous 13 colonies in North America alone, with many in Canada and the Greater Caribbean – including East and West Florida.

En 1775, première année de la guerre d’Indépendance américaine, la Grande-Bretagne possédait le double des célèbres treize colonies en Amérique du Nord seule, avec beaucoup au Canada et dans les Caraïbes Occidentales — y compris la Floride orientale et occidentale.

At least some of these colonies had become nominally British in the 1760s, thanks to military triumph late in the Seven Years’ War, 1756-1763. In late 1759, the British had vanquished the French at the battle of the Plains of Abraham near Quebec City, thus ensuring that the British gained this province and a string of French forts in the interior.

Au moins certaines de ces colonies étaient devenues nominalement britanniques dans les années 1760, grâce aux triomphes militaires de la fin de la guerre de Sept Ans (1756-1763) . À la fin de 1759, les Britanniques avaient vaincu les Français lors de la bataille des Plaines d’Abraham près de Québec, assurant ainsi que les Britanniques obtenaient cette province et une série de forts français dans l’intérieur.

In 1763, with the Treaty of Paris, Quebec officially became part of the British Empire. It took British bureaucrats and politicians some years and not a little wrangling to figure out how to integrate French and Indigenous Catholics, with their own laws, into the British Empire.

En 1763, avec le Traité de Paris, le Québec devint officiellement partie de l’Empire britannique. Il fallut aux bureaucrates et aux politiciens britanniques plusieurs années et pas peu de manœuvres pour déterminer comment intégrer les catholiques français et autochtones, avec leurs propres lois, dans l’Empire britannique.

A major milestone in this process was the Quebec Act of 1774, allowing the practice of Catholicism and modified French law in Canada. Colonists down south, especially fierce New England Protestants who took a dim view of Catholicism, viewed this act – and their new fellow imperial subjects – with dismay and considerable suspicion.

Une étape majeure de ce processus fut la Loi du Québec de 1774, qui autorisa le culte catholique et une loi française modifiée au Canada. Les colons du sud, en particulier les protestants féroces de Nouvelle-Angleterre qui voyaient mal le catholicisme, virent cet acte – et leurs nouveaux concitoyens impériaux – avec consternation et une suspicion considérable.

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Map of the British colonies in North America from 1763 to 1775. Universal History Archive/Universal Images Group via Getty Images
Carte des colonies britanniques en Amérique du Nord de 1763 à 1775. Universal History Archive/Universal Images Group via Getty Images

Pushing for a 14th colony

Pousser pour une quatorzième colonie

Still, by 1775, those in the 13 Colonies who called themselves “Friends of Liberty” hoped that Canada would “complete the union of 14 provinces,” as one man put it. Accordingly, the First Continental Congress wrote to Quebec’s habitants – residents of French origin – to invite them to join their new nationalist project. The letter explained in patronizing terms how the English government worked.

Toutefois, en 1775, ceux des Treize Colonies qui s’appelaient « Amis de la Liberté » espéraient que le Canada « compléterait l’union de 14 provinces », comme le formule un homme. En conséquence, le Premier Congrès continental écrivit aux habitants du Québec – résidents d’origine française – pour les inviter à rejoindre leur nouveau projet nationaliste. La lettre expliquait, dans des termes condescendants, le fonctionnement du gouvernement anglais.

The Congress acknowledged that there were religious differences with French Catholics but expressed confidence that the “transcendent nature of liberty” could overcome such distinctions. They commissioned its translation into French and ordered a thousand copies for Canadian distribution. By early 1775, Quebec’s governor complained that this letter was stirring up the population by planting dangerous doubts about British imperial authority.

Le Congrès reconnaissait les différences religieuses avec les catholiques français, mais exprimait sa confiance que la « nature transcendante de la liberté » pouvait surmonter de telles distinctions. Il fit traduire ce texte en français et ordonna mille exemplaires pour distribution au Canada. Au début de 1775, le gouverneur du Québec se plaignit que cette lettre agitait la population en semant des doutes dangereux quant à l’autorité impériale britannique.

On May 1, 1775, the day the Quebec Act took effect, the life-size marble statue of George III in Montréal – erected in gratitude for his assistance following a fire – was vandalized, indicating disquiet there about this new order.

Le 1er mai 1775, jour où la Loi du Québec entra en vigueur, la statue grandeur nature de George III à Montréal – érigée en signe de gratitude pour son assistance après un incendie – fut vandalisée, signalant le mécontentement face à ce nouvel ordre.

The Second Continental Congress, which followed the first after its dissolution, continued efforts to win over French Canadians. They sent another letter, again translated and widely distributed. “We yet entertain hopes of your uniting with us in the defence of our common liberty,” they pleaded. The Continental Congress urged Canadians to reject “the fetters of slavery, however artfully polished.” Signed by “Jean Hancock, le « Président du Congrès,” this missive prompted discussions among people in Canada.

Le Second Congrès continental, qui suivit le premier après sa dissolution, continua les efforts pour rallier les Canadiens français. Ils envoyèrent une autre lettre, également traduite et largement distribuée. « Nous entretenons encore l’espoir que vous vous unirez à nous dans la défense de notre liberté commune », plaidèrent-ils. Le Congrès continental exhorta les Canadiens à rejeter « les fers de l’esclavage, aussi finement polis soient-ils ». Signé par « Jean Hancock, le « Président du Congrès, » cette missive suscita des discussions parmi les gens au Canada.

The invasion of Canada

L’invasion du Canada

As 1775 wore on, force came to join careful letters.

Alors que 1775 touchait à sa fin, la force commença à se mêler aux lettres prudentes.

One Boston newspaper proclaimed: “From the friendly disposition of the Canadians … joined to the intrepidity of the Continental army, there is a fair prospect of the speedy reduction of the metropolis of Canada to … obedience.”

Un journal de Boston proclamait: « Du disposition amicale des Canadiens… jointe à l’intrépidité de l’armée continentale, il y a une belle perspective de réduction rapide de la métropole du Canada à… l’obéissance. »

It was a cheering if jumbled message: Canada a metropolis? Friendly French Catholic enemies? Allies reduced to obedience? Nothing in it quite made sense, but few in those “United Colonies” – not yet states – wanted to think too hard about these claims or their implications.

C’était un message enthousiasmant quoique confus: le Canada, une métropole? Des ennemis catholiques français amicaux? Des alliés réduits à l’obéissance? Rien n’y faisait tout à fait sens, mais peu des « Colonies Unies » – pas encore des États – voulaient réfléchir trop profondément à ces affirmations ou à leurs implications.

Quebec was “easy Prey,” pronounced George Washington in September 1775. He put the well-regarded, Irish-born Gen. Richard Montgomery in charge of the conquest of Canada. Montgomery and his troops managed to take Montréal at the end of November. The British monarchy looked to be toppling in Canada. That marble sculpture of George III, vandalized in 1775, was now beheaded altogether, to the cheers of soldiers. The next step was to join forces at Québec to take that city and thus the province.

Québec était une « proie facile », déclara George Washington en septembre 1775. Il confia la tâche de la conquête du Canada au Général Richard Montgomery, originaire d’Irlande et très respecté. Montgomery et ses troupes réussirent à prendre Montréal à la fin du mois de novembre. La monarchie britannique semblait être sur le point de s’effondrer au Canada. Cette sculpture en marbre de George III, vandalisée en 1775, venait d’être décapitée, aux acclamations des soldats. L’étape suivante était de joindre les forces à Québec pour prendre cette ville et donc la province.

December was not a good time to launch a Canadian siege. However, the terms of thousands of soldiers expired on Dec. 31. So Continental Army leadership forged ahead on the last, short, dark day of 1775. A blizzard made conditions horrific. Even Montgomery fretted that his forces were “half-starved and half-naked.” Still, rank-and-file soldiers did what they could. Pinned to their random assortment of hats were scrawled, handmade signs proclaiming liberty or death. They mostly got the latter.

Décembre n’était pas un bon moment pour lancer un siège canadien. Cependant, le terme de milliers de soldats expirait le 31 décembre. Ainsi, le commandement de l’Armée continentale poursuivit sa route lors du dernier jour court et sombre de 1775. Une tempête de neige rendit les conditions horribles. Même Montgomery s’inquiéta que ses troupes étaient « à moitié affamées et à moitié nues ». Néanmoins, les soldats de base firent ce qu’ils pouvaient. Accrochés à leur assortiment aléatoire de chapeaux étaient des pancartes griffonnées faites main proclamant la liberté ou la mort. Ils obtinrent le plus souvent cette dernière.

Montgomery was killed within the first few hours on Dec. 31, 1775. His men were left to fight for themselves, as one private, Jeremiah Greenman, wrote in consternation as he found himself – like one-third of his fellow Continental soldiers – a prisoner of war.

Montgomery fut tué dans les premières heures du 31 décembre 1775. Ses hommes furent laissés pour se battre par eux-mêmes, comme l’écrivit un soldat de troupe, Jeremiah Greenman, consterné en se trouvant – comme un tiers de ses camarades soldats continentaux – prisonnier de guerre.

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An artist’s engraving of Quebec in the early 1800s. Universal History Archive/Universal Images Group via Getty Images
Gravure d’artiste de Québec au début des années 1800. Universal History Archive/Universal Images Group via Getty Images

The move to independence

Le mouvement vers l’indépendance

The attack on Quebec was a disaster. The icy cold was fatal. Supplies were insufficient. Smallpox raged among malnourished troops. The Canadian catastrophe highlighted the inadequacies of the current system of supply and the lack of American credit. Soldiers, starving and frustrated, did not behave especially well, thus turning Canadians against the cause.

L’attaque sur Québec fut un désastre. Le froid glacial était fatal. Les provisions étaient insuffisantes. La variole ravageait les troupes malnutries. La catastrophe canadienne a mis en lumière les lacunes du système d’approvisionnement actuel et le manque de crédit américain. Les soldats, affamés et frustrés, ne se sont pas comportés particulièrement bien, détournant ainsi les Canadiens de la cause.

Perhaps unsurprisingly, subsequent attempts at diplomacy, led by the ailing diplomat and intellectual Benjamin Franklin, also proved ineffective. As one Continental officer later declared, “We have bro’t about ourselves by Mismanagement” what the British could not: the near-complete loss of Canadian support.

Sans surprise peut-être, les tentatives diplomatiques ultérieures, menées par le diplomate et intellectuel souffrant Benjamin Franklin, s’avérèrent également inefficaces. Comme un officier continental déclara plus tard: « Nous nous sommes fait défaut par une mauvaise gestion », ce que les Britanniques ne pouvaient pas faire: la perte quasi totale du soutien canadien.

In January 1776, news of the defeat shocked colonists. Montgomery’s death provoked an outpouring of heartfelt support. Marylanders showed their adoration by naming Montgomery County for him.

En janvier 1776, la nouvelle de la défaite a choqué les colons. La mort de Montgomery a provoqué un élan de soutien sincère. Les Marylanders ont montré leur adoration en nommant le comté de Montgomery en son honneur.

That same month, in Philadelphia, an English-born printer published a treatise, dedicating partial profits “for mittens for the troops that were going to Quebec.” That would have been a lot of mittens, because the publication was the bestselling pamphlet of 18th-century North America: Thomas Paine’s “Common Sense.”

Ce même mois, à Philadelphie, un imprimeur d’origine anglaise publia un traité, dédiant des bénéfices partiels « aux mitaines pour les troupes qui allaient au Québec ». Il y aurait eu beaucoup de mitaines, car la publication était le pamphlet best-seller de l’Amérique du Nord au XVIIIe siècle: Common Sense de Thomas Paine.

The death of an Irishman in Canada propelled many Americans to agree with this Englishman Paine that independence was the right course. As one put it, “Poor Brave Montgomery! But it is not a time to cry but to revenge.” Paine capitalized on the momentum by publishing a dialogue between Montgomery’s ghost and an American in February, debating independence. In the glum mood of early 1776, Paine’s arguments landed.

La mort d’un Irlandais au Canada a poussé de nombreux Américains à s’accorder avec cet Anglais, Paine, selon lequel l’indépendance était la bonne voie. Comme l’a dit un homme: « Pauvre et brave Montgomery! Mais ce n’est pas le moment de pleurer, mais de se venger. » Paine a capitalisé sur l’élan en publiant un dialogue entre le fantôme de Montgomery et un Américain en février, débattant de l’indépendance. Dans l’humeur morose du début de 1776, les arguments de Paine ont trouvé écho.

Grave loss in Canada precipitated the Declaration of Independence, created with an eye to France and Spain as allies. To obtain the help it needed, the newly named United States of America had to become an independent nation. Few countries would intervene in a colonial rebellion, but they might join a war against the hated British. As Montgomery’s brother-in-law observed, France was a good prospect for “foreign aid” to the fledgling nation.

La grave perte au Canada a précipité la Déclaration d’Indépendance, créée avec les yeux fixés sur la France et l’Espagne comme alliées. Pour obtenir l’aide dont elle avait besoin, les États-Unis d’Amérique, nouvellement nommés, devaient devenir une nation indépendante. Peu de pays interviendraient dans une rébellion coloniale, mais ils pourraient se joindre à une guerre contre les Britanniques haïs. Comme le remarqua le beau-frère de Montgomery, la France était une bonne perspective d’« aide étrangère » pour la jeune nation.

Indeed, assistance – in terms of finances, arms and, eventually, soldiers – from France and Spain would make all the difference, allowing Washington and others to move from defeat to victory. The momentum that resulted in the Declaration of Independence came in part from Canada.

En effet, l’assistance – en termes de finances, d’armes et, finalement, de soldats – de la France et de l’Espagne ferait toute la différence, permettant à Washington et aux autres de passer de la défaite à la victoire. L’élan qui a mené à la Déclaration d’Indépendance venait en partie du Canada.

Sarah M.S. Pearsall received funding from the National Endowment for the Humanities and the British Library for the research on which this article was based. Any views, findings, conclusions, or recommendations expressed in the article do not necessarily reflect those of these organizations.

Sarah M.S. Pearsall a reçu un financement du National Endowment for the Humanities et de la British Library pour les recherches sur lesquelles cet article est basé. Les vues, découvertes, conclusions ou recommandations exprimées dans l’article ne reflètent pas nécessairement celles de ces organisations.